top of page

[TDFAR AURA] À Saint-Éloy-les-Mines, l’autopartage rural s’ancre dans les besoins du quotidien

  • il y a 1 jour
  • 5 min de lecture

Le Tour de France de l’Autopartage Rural a fait étape à Saint-Éloy-les-Mines, en Auvergne-Rhône-Alpes, pour mettre en lumière un projet emblématique des enjeux de mobilité dans les territoires ruraux : proposer une voiture électrique partagée, simple d’accès, utile au quotidien, et pensée comme un service de proximité.

Cette étape a permis de réunir les acteurs locaux autour d’un même objectif : faire de l’autopartage une solution concrète pour les habitants, en complément des dispositifs déjà existants de mobilité inclusive, de transport solidaire, d’autostop organisé ou encore d’accompagnement vers l’emploi.


Une voiture partagée pour répondre aux trajets essentiels


À Saint-Éloy-les-Mines, l’autopartage n’est pas présenté comme une solution de confort, mais comme une réponse à des besoins très concrets : aller à un rendez-vous médical, faire ses courses, rejoindre un emploi, rendre visite à un proche, ou simplement disposer ponctuellement d’un véhicule lorsqu’on ne peut pas en posséder un.

Dans les territoires ruraux, la voiture individuelle reste souvent indispensable, mais elle représente aussi un coût important pour les ménages. L’autopartage permet de changer d’approche : ne plus forcément posséder une voiture, mais avoir accès à un véhicule lorsque le besoin se présente.

Comme l’a rappelé Clem’ lors de cette étape, l’enjeu est simple : mettre une voiture électrique à disposition de ceux qui en ont besoin, à un coût accessible, dans une logique de service public ou d’intérêt général.


Un projet porté par un écosystème local


L’étape a également rappelé que la mobilité rurale ne peut pas reposer sur un seul acteur. Elle se construit avec les communes, les intercommunalités, les associations, les partenaires de l’insertion, les acteurs sociaux et les habitants.

La plateforme de mobilité locale a présenté son rôle historique dans l’accompagnement des personnes rencontrant des difficultés de déplacement : diagnostic mobilité, accès au permis, location sociale, transport d’utilité sociale, accompagnement vers les solutions adaptées. L’autopartage vient aujourd’hui compléter cette palette, avec une dimension plus large : il s’adresse à la fois aux publics accompagnés et au grand public.

C’est l’un des points forts du projet : proposer une solution inclusive, mais aussi durable, capable de toucher des habitants déjà mobiles qui souhaitent tester l’électrique, réduire l’usage de leur véhicule personnel ou se séparer d’une deuxième voiture.


“On y va avec l’autopartage” : une solution en boucle, simple et lisible


Le service présenté à Saint-Éloy-les-Mines repose sur le principe de l’autopartage en boucle : l’usager réserve le véhicule, le prend à sa station, puis le restitue au même endroit. Ce modèle est particulièrement adapté aux territoires ruraux, car il garantit la disponibilité du véhicule sur la commune et simplifie l’exploitation.


L’inscription est gratuite et se fait en ligne. Une fois le profil validé, l’usager peut réserver le véhicule de la communauté, selon les créneaux disponibles. Des tarifs préférentiels sont prévus pour certains publics, notamment les jeunes ou les personnes accompagnées, afin de conserver la vocation sociale du dispositif.


La solution Clem’ permet une utilisation simple : réservation, code de départ, ouverture du véhicule, restitution, puis relance automatique de la charge. La voiture est associée à une borne de recharge, pensée pour des usages quotidiens et une recharge progressive, notamment la nuit.



La communication de terrain, condition de réussite


Un point central de l’étape a porté sur la nécessité de faire connaître le service. En ruralité, un véhicule partagé ne fonctionne pas uniquement parce qu’il est installé : il doit être vu, compris, expliqué et porté par les acteurs locaux.

Panneaux municipaux, commerces, maison des associations, pharmacie, marché, partenaires sociaux, élus communaux : tous ces relais sont essentiels pour faire entrer l’autopartage dans les habitudes locales. Plusieurs intervenants ont rappelé que les habitants doivent entendre parler du service plusieurs fois avant de l’utiliser réellement.

Le rôle des élus est donc déterminant. Dans un territoire composé de nombreuses communes, la communauté de communes peut coordonner, mais les maires restent les premiers relais de proximité. Ce sont eux qui peuvent expliquer, rassurer, orienter et faire vivre la solution auprès des habitants.


Des premiers retours encourageants sur le territoire


L’étape a aussi permis de partager les premiers chiffres observés sur le territoire, notamment à Rochefort-Montagne, où une station a été inaugurée en janvier. Le service comptait déjà 21 inscrits sur la communauté, 7 utilisateurs ayant réalisé au moins une réservation, ainsi que 10 réservations en avril et 7 en mai.

Ces chiffres restent ceux d’un démarrage, mais ils montrent une dynamique intéressante. L’objectif à terme est d’atteindre environ 18 à 20 réservations par mois, soit une utilisation régulière de la voiture plusieurs fois par semaine, sans créer de rupture de disponibilité.

Ces retours rappellent aussi une réalité importante : voir la voiture stationnée ne signifie pas qu’elle ne sert pas. En autopartage rural, l’objectif n’est pas que le véhicule roule toute la journée, mais qu’il soit disponible au bon moment pour les trajets qui comptent.


Une solution complémentaire aux autres mobilités


À Saint-Éloy-les-Mines, l’autopartage a été présenté comme une brique supplémentaire dans une stratégie plus large. Il ne remplace ni le bus, ni le train, ni le transport d’utilité sociale, ni le covoiturage. Il vient compléter l’ensemble, avec une réponse adaptée aux trajets ponctuels pour lesquels les autres solutions ne suffisent pas.


Cette complémentarité est particulièrement importante dans les territoires ruraux, où les distances, les horaires, l’accès aux soins et l’emploi rendent la mobilité plus complexe. L’autopartage permet de proposer une réponse souple, locale et immédiatement compréhensible.



Financer l’autopartage rural : un enjeu politique et territorial


L’étape a enfin permis de rappeler les dispositifs de financement mobilisables pour développer l’autopartage rural. Le Fonds vert peut notamment accompagner l’investissement et une partie du fonctionnement, sous certaines conditions, avec la possibilité de compléter par des financements régionaux, départementaux ou européens.

Le message porté lors du Tour de France est clair : les projets doivent être préparés tôt, en lien avec l’autorité organisatrice de la mobilité, les services de l’État et les collectivités concernées. L’autopartage rural représente un investissement maîtrisé au regard de son impact potentiel, notamment lorsque le reste à charge est partagé et assumé localement.


Une voiture à proximité, pour ne pas laisser la ruralité à l’écart

À travers cette étape à Saint-Éloy-les-Mines, le Tour de France de l’Autopartage Rural poursuit son objectif : montrer que l’autopartage n’est pas réservé aux grandes villes. En ruralité, il peut devenir une solution de proximité, accessible, utile et durable.

L’ambition portée par Clem’ et les acteurs de l’autopartage est de faire reconnaître cette solution comme un véritable outil d’aménagement du territoire. À l’image de la fibre pour l’accès au numérique, la mobilité partagée devient un sujet essentiel pour connecter les habitants aux services, à l’emploi, aux soins et à la vie locale.

À Saint-Éloy-les-Mines, le projet en est encore à son lancement. Mais il illustre déjà une conviction forte : lorsque les élus, les associations, les intercommunalités et les habitants s’en emparent ensemble, l’autopartage rural peut devenir un levier concret de cohésion sociale, d’économie locale et de transition écologique.



bottom of page