L’autopartage au cœur des mobilités du quotidien à l’Assemblée nationale
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Le 17 juin 2026, l’Assemblée nationale a accueilli un colloque consacré à l’autopartage, intitulé « Autopartage, une autre option de mobilité, une autre vision de la voiture ». Organisé à l’invitation de Madame la députée Christine Arrighi, ce rendez-vous a réuni élus, acteurs publics, associations et opérateurs autour d’un même constat : l’autopartage peut devenir un levier concret pour répondre aux besoins de mobilité du quotidien, en particulier dans les territoires peu denses.

Dans un contexte où les choix publics en matière de transport sont de plus en plus structurants, les échanges ont rappelé une évidence : il ne sera pas possible de déployer du train ou du bus partout, pour tous les usages. Pourtant, les besoins de déplacement restent bien réels, qu’il s’agisse d’aller travailler, de se former, d’accéder à un service public, de se rendre à un rendez-vous médical ou de retrouver une autonomie dans son parcours de vie.
L’autopartage apporte à cette équation une réponse complémentaire, sobre et flexible. Il ne remplace pas les transports collectifs, mais il peut combler certains manques, notamment lorsque les solutions classiques ne sont pas adaptées aux horaires, aux distances ou à la faible densité des territoires.

Les interventions de Mathieu Chassignet pour l’ADEME, de Jérôme Nury, maire de Tinchebray-Bocage, de Philippe Fournier, vice-président de la Région Centre-Val de Loire, de Marlène Rouch, directrice du centre socioculturel intercommunal d’Uzès, et de Bruno Flinois, président de l’Association des Acteurs de l’Autopartage, ont permis de croiser les regards : expertise nationale, politiques régionales, expériences communales et actions sociales de terrain.
À Tinchebray-Bocage, dans l’Orne, l’autopartage s’est imposé comme une solution de proximité. La commune nouvelle a déployé plusieurs stations dans ses villages, avec des véhicules accessibles à des tarifs préférentiels. Le service fonctionne de manière simple, avec des réservations en ligne, mais aussi un accompagnement possible en mairie ou à la médiathèque pour les personnes éloignées du numérique. Le retour d’expérience est parlant : environ 100 réservations par mois et près d’un million de kilomètres parcourus depuis le lancement du service.
En Centre-Val de Loire, la Région travaille également à structurer l’autopartage comme une solution homogène et complémentaire du réseau de transport régional. L’enjeu est de permettre aux territoires de disposer d’un cadre lisible, mutualisé et adapté aux besoins locaux, notamment autour des gares, des petites communes et des usages professionnels ou solidaires.
L’exemple d’Uzès a, lui, mis en lumière la dimension sociale de l’autopartage. Porté avec un centre socioculturel, le service permet à des habitants de retrouver une capacité de déplacement dans des moments clés : recherche d’emploi, insertion, formation, démarches administratives. L’histoire d’une première usagère, venue réserver un véhicule pour se rendre à un entretien d’embauche, illustre très concrètement l’impact possible d’une voiture partagée : accéder à un emploi, retrouver une stabilité, puis construire progressivement une autonomie de mobilité.
Au-delà des retours d’expérience, le colloque a également ouvert plusieurs pistes pour l’avenir : encourager les collectivités et les entreprises à partager une partie de leurs flottes, donner plus de visibilité aux financements, simplifier les dispositifs d’accompagnement, et sortir d’une logique d’expérimentation permanente pour permettre la massification des services.
Pour Clem’, ces échanges confirment une conviction portée depuis plusieurs années sur le terrain : l’autopartage n’est pas seulement une solution de décarbonation. C’est aussi un outil de justice territoriale, d’inclusion sociale et d’efficacité économique.
Dans les grandes villes comme dans les villages, l’avenir de la voiture passera aussi par une nouvelle manière de l’utiliser : moins possédée, davantage partagée, mieux intégrée aux autres mobilités.








